Devenir taxi, ce n’est pas juste savoir conduire et connaître sa ville. C’est un métier réglementé, avec un examen sérieux, une carte professionnelle et surtout une licence qui ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval.
Beaucoup de candidats s’en rendent compte trop tard. Ils réussissent l’examen, obtiennent leur carte, puis réalisent qu’ils n’ont pas d’autorisation pour exploiter un véhicule.
Alors autant voir le parcours en entier avant de payer ta formation.
📋 En bref : Pour devenir taxi, il faut un permis B depuis plus de 3 ans, une aptitude médicale validée par un médecin agréé par la préfecture, un casier judiciaire compatible et la réussite à l’examen organisé par les chambres de métiers et de l’artisanat. La carte professionnelle est valable 5 ans, avec un stage de formation continue à refaire tous les 5 ans. Pour travailler à ton compte, il te faut aussi une autorisation de stationnement (ADS) : gratuite depuis le 1er octobre 2014 mais attribuée sur liste d’attente.
Taxi ou VTC : choisis le bon métier
Les deux transportent des passagers, mais les règles n’ont rien à voir. Le taxi peut prendre des clients à la volée dans la rue (la maraude) et stationner aux emplacements réservés, dans la zone de sa licence. Le VTC, lui, ne travaille que sur réservation préalable.
Le taxi a donc accès à une clientèle que le VTC ne peut pas toucher : les stations de gare et d’aéroport, les clients qui lèvent la main, les courses conventionnées avec l’Assurance maladie pour les véhicules agréés. En contrepartie, il paie le prix de la réglementation, avec licence, taximètre et tarifs encadrés.
Les deux examens se passent dans les chambres de métiers et partagent une partie des épreuves. Mais si tu vises le taxi, prépare bien la partie locale, c’est celle qui fait la différence.
Ce que le métier demande vraiment
Le GPS a changé la donne, mais il ne remplace pas tout. Un bon chauffeur connaît les raccourcis aux heures de pointe, les entrées de gare et les accès d’hôpitaux, et il sait quand l’itinéraire proposé par l’appli va le coincer dans un bouchon.
Et puis il y a le client. Une personne âgée qui va à sa dialyse, un cadre en retard pour son train, un groupe de touristes qui ne parle pas français : chaque course demande de s’adapter. Le sens du service compte autant que la conduite.
Mais sois lucide. Horaires décalés, week-ends travaillés, longues heures assis derrière le volant, revenus qui varient avec la saison, la météo et les événements de la ville, sans oublier une protection sociale à monter seul si tu t’installes à ton compte, à commencer par une mutuelle d’indépendant. Si tu cherches un métier avec des horaires de bureau, ce n’est pas celui-là.
Les conditions pour devenir chauffeur de taxi
Avant même de t’inscrire à l’examen ou de payer une formation, vérifie que tu coches toutes ces cases :
- un permis B en cours de validité depuis plus de 3 ans
- une aptitude médicale constatée par un médecin agréé par la préfecture (capacités physiques, cognitives et sensorielles)
- un casier judiciaire sans condamnation incompatible avec le métier (infractions routières graves, violences, vols, peines de prison au-delà de six mois pour certains délits)
- la réussite à l’examen de conducteur de taxi
Le casier, c’est le point que les candidats oublient de vérifier. Donc si tu as un doute, renseigne-toi à la préfecture avant de dépenser le moindre euro en formation.
L’examen de taxi : comment il se passe
L’examen est organisé par les chambres de métiers et de l’artisanat, et il se déroule en deux temps bien distincts.
La phase d’admissibilité
C’est la partie écrite, avec sept épreuves : réglementation du transport public de personnes, gestion, sécurité routière, français, anglais (niveau A2), réglementation nationale des taxis, et réglementation locale propre au département où tu veux exercer. Pour passer, il faut une moyenne d’au moins 10 sur 20 et pas de note éliminatoire.
La phase d’admission
C’est la partie pratique. Tu conduis avec un examinateur dans une situation réelle de course : accueil du client, itinéraire, conduite, encaissement. Il faut au moins 12 sur 20.
Se former ou pas ?
La plupart des candidats passent par un centre de formation. À titre d’exemple, la CMA Alsace-Moselle propose une préparation de 175 heures sur deux à trois mois, facturée 2 625 € nets et finançable par le CPF. Les tarifs varient selon les centres, donc compare avant de signer.
Mon avis : ne fais pas l’impasse sur l’épreuve de réglementation locale. Elle demande de connaître les tarifs, les zones et les règles de ton département, et c’est souvent là que se joue l’admissibilité.
💡 Le saviez-vous ? Depuis le 1er octobre 2014, les nouvelles licences de taxi (ADS) sont gratuites mais incessibles : tu ne peux plus les revendre en partant à la retraite. Elles sont valables 5 ans, renouvelables, et attribuées selon une liste d’attente tenue par la mairie ou la préfecture.
Carte professionnelle et formation continue
Une fois l’examen en poche, tu demandes ta carte professionnelle de conducteur de taxi à la préfecture. Elle est valable 5 ans.
Pour la garder, tu dois suivre tous les 5 ans un stage de formation continue dans un centre agréé. Note la date dans ton agenda dès réception de la carte, parce qu’un oubli peut te coûter ton droit d’exercer.
La licence (ADS) : le vrai nerf de la guerre
La carte te permet de conduire un taxi. L’autorisation de stationnement, ou ADS, permet d’exploiter un véhicule taxi sur une commune ou une zone donnée. Sans ADS, pas de taxi à ton nom.
Tu as plusieurs façons de travailler en attendant ou à la place d’une licence personnelle, du salariat au rachat d’une ancienne ADS, qui passe souvent par un crédit pour créer son entreprise.
| Formule | Comment ça marche | Pour qui |
|---|---|---|
| Chauffeur salarié | Tu conduis le taxi d’une entreprise contre un salaire | Pour démarrer sans investir |
| Locataire | Tu loues à un titulaire un véhicule équipé et l’usage de sa licence, contre un loyer | Pour être indépendant sans licence |
| Artisan avec ADS gratuite | Tu t’inscris sur la liste d’attente de ta commune et tu exploites ta propre licence | Si tu peux patienter |
| Artisan avec ADS ancienne | Tu rachètes une licence délivrée avant le 1er octobre 2014, encore cessible sous conditions | Si tu peux financer un rachat |
Inscris-toi sur la liste d’attente le plus tôt possible, même si tu commences comme salarié ou locataire. Les délais d’attente peuvent être longs selon les villes.
Si tu dois financer un rachat de licence ou un véhicule, fais jouer la concurrence entre plusieurs banques avant de signer.
Équiper ton véhicule
Un taxi ne peut pas compter plus de huit places passagers, chauffeur non compris. Il doit être équipé :
- d’un taximètre homologué
- d’un dispositif lumineux « TAXI » qui indique si tu es libre ou occupé
- d’une plaque portant le numéro de l’autorisation de stationnement
- d’un terminal de paiement électronique
- d’une imprimante pour délivrer une note au client
Ajoute à ça une assurance qui couvre le transport de passagers à titre onéreux et ta responsabilité civile professionnelle. Ne prends pas la première offre venue, les écarts de garanties sont réels.
Statut : à ton compte, comment tu factures
En indépendant, beaucoup de chauffeurs démarrent en micro-entreprise. Les cotisations sociales s’élèvent à 21,2 % du chiffre d’affaires en 2026 pour les prestations de services commerciales, dans la limite de 83 600 € de chiffre d’affaires annuel. Avec le carburant, l’entretien, l’assurance et un éventuel loyer de licence qui ne sont pas déductibles dans ce régime, le calcul mérite d’être fait avant de choisir.
Tiens un livre de recettes et de dépenses dès la première course, même si ton régime te dispense d’une vraie comptabilité. Et pense à ta protection sociale, en particulier la complémentaire santé, que tu dois organiser toi-même.
Si ton projet vise plutôt la livraison ou le fret, c’est un autre métier avec ses propres règles, détaillées dans notre article sur la création d’une entreprise de transport de marchandises.
Ton plan d’action
Vérifie d’abord ton permis et ton casier. Ensuite, compare deux ou trois centres de formation et regarde si ton CPF peut financer la préparation. Inscris-toi à l’examen et, en parallèle, sur la liste d’attente ADS de ta commune.
Une fois ta carte en poche, commence en salarié ou en locataire si ta licence tarde. Tu apprendras le terrain, tu te feras une clientèle, et tu seras prêt le jour où ton nom sortira de la liste.
Quelles sont les conditions pour devenir chauffeur de taxi ?
Il faut un permis B depuis plus de 3 ans, une aptitude médicale validée par un médecin agréé par la préfecture et un casier judiciaire compatible. Tu dois ensuite réussir l’examen organisé par les chambres de métiers et de l’artisanat, puis demander ta carte professionnelle à la préfecture.
Combien coûte une licence de taxi ?
Les nouvelles autorisations de stationnement (ADS) sont gratuites depuis le 1er octobre 2014, mais elles sont attribuées selon une liste d’attente et ne peuvent pas être revendues. Les licences délivrées avant cette date peuvent encore être cédées sous conditions, et leur prix dépend fortement de la ville.
Peut-on devenir taxi sans licence ?
Oui. Avec ta carte professionnelle, tu peux travailler comme chauffeur salarié d’une entreprise de taxis ou comme locataire d’un véhicule et d’une licence appartenant à un titulaire. C’est souvent la façon de démarrer en attendant ta propre ADS.
Combien de temps dure la carte professionnelle de taxi ?
Elle est valable 5 ans. Pour la conserver, tu dois suivre tous les 5 ans un stage de formation continue dans un centre agréé.




