Un client entre dans ta boutique. Il a une idée vague de ce qu’il veut, quelques minutes devant lui, et un téléphone en poche pour comparer les prix. Ce qui se passe entre la porte et la caisse, c’est ça, le marketing en point de vente.
Et c’est souvent là que les petits commerces perdent des ventes sans s’en rendre compte. Une vitrine qu’on ne regarde plus, un rayon où le produit qui marge le mieux est rangé à hauteur des genoux, une promo mal affichée qui fait fuir au lieu d’attirer.
Je te montre ici les outils qui marchent vraiment en magasin, comment les mettre en place avec un budget de commerçant, et les règles à respecter sur les prix et les promos (la DGCCRF ne plaisante pas avec ça).
📋 En bref : Le marketing en point de vente regroupe tout ce qui pousse à l’achat sur place : vitrine, parcours client, merchandising, PLV, animations, promotions et accueil. Les gains viennent surtout de l’emplacement des produits et de la clarté des prix. Attention aux règles : depuis le 28 mai 2022, toute annonce de réduction doit partir du prix le plus bas pratiqué dans les 30 jours précédents, sous peine de sanctions pour pratique commerciale trompeuse (jusqu’à 2 ans de prison et 300 000 € d’amende).
Le marketing en point de vente, c’est quoi exactement ?
On parle aussi de marketing sur le lieu de vente, ou de trade marketing quand c’est la marque qui pilote les actions chez ses distributeurs. Le principe est simple : agir au moment où le client est physiquement devant le produit, avec de l’argent à dépenser.
Ça couvre beaucoup d’actions différentes, qu’on peut ranger en deux familles. D’un côté, ce qui organise le magasin (vitrine, circulation, implantation des produits, éclairage). De l’autre, ce qui crée l’envie à un instant donné (PLV, promotions, animations, conseil du vendeur).
Le second groupe attire l’œil. Le premier fait le chiffre.

Ce que ça change pour ton chiffre d’affaires
Un client qui sait exactement ce qu’il veut va droit au rayon, prend son produit et ressort. Tu n’y peux pas grand-chose. Mais beaucoup d’achats se décident sur place : le deuxième article, la version un peu plus chère, le petit produit près de la caisse. C’est là que ton point de vente gagne ou perd de l’argent.
Trois indicateurs suffisent pour voir si tes actions marchent, et ta caisse te les donne déjà, surtout si c’est une caisse enregistreuse sur iPad :
- le taux de transformation (combien de visiteurs achètent, si tu as un compteur d’entrées ou si tu comptes à la main sur une journée test)
- le panier moyen (chiffre d’affaires divisé par le nombre de tickets)
- le nombre d’articles par ticket
Si une action ne fait bouger aucun des trois au bout d’un mois, arrête-la. Franchement, c’est la règle que trop peu de commerçants appliquent : ils empilent les présentoirs sans jamais vérifier ce qui rapporte.
Les outils qui marchent en magasin
La vitrine et l’entrée
La vitrine a un seul job : faire entrer. Un thème clair, peu de produits, un prix visible sur au moins un article d’appel, et un changement régulier pour que les passants habitués la regardent encore. Certains métiers jouent la partition inverse, et la publicité d’une agence de pompes funèbres mise sur la sobriété pour rassurer les familles. Les premiers mètres après la porte servent de sas, le client y ralentit et regarde à peine. N’y mets pas ton produit phare, place-le un peu plus loin.
Le merchandising
C’est l’art de ranger pour vendre. Quelques règles de base qui ne coûtent rien :
- Les produits que tu veux pousser à hauteur des yeux et des mains. Le bas des étagères pour les produits qu’on cherche de toute façon.
- Les produits complémentaires côte à côte : la sauce à côté des pâtes, la housse à côté du téléphone.
- Des facings généreux sur les meilleures ventes. Un rayon à moitié vide ne donne pas envie.
- Les petits achats d’impulsion près de la caisse, là où le client attend.
Le comptoir mérite qu’on s’y arrête. C’est le dernier endroit où tu peux vendre quelque chose, et j’ai écrit un article complet sur l’impact du comptoir magasin sur l’expérience client.

La PLV et la signalétique
Affiches, stop-rayons, kakemonos, présentoirs de comptoir, écrans. La PLV attire le regard sur un produit précis. Elle doit dire une seule chose, lisible à deux mètres. Une affiche avec dix arguments ne se lit pas. Pour un salon ou une entrée de magasin, le roll-up publicitaire reste un support pas cher et facile à déplacer.
Les animations
Démonstration, dégustation, atelier, rencontre avec un artisan. Une animation donne une raison de venir un samedi précis, et elle se partage sur les réseaux. Annonce-la au moins une semaine avant, en vitrine et auprès de tes clients fidèles.
Le vendeur
On l’oublie souvent dans les listes d’outils. Pourtant un vendeur qui conseille, propose le produit complémentaire et retient le prénom des habitués vaut tous les présentoirs du monde. Forme ton équipe à ça avant d’acheter de la PLV.
Le digital en magasin
QR code qui renvoie vers une fiche produit détaillée ou des avis, encaissement mobile qui évite la file, programme de fidélité sur l’application de caisse. Une caisse enregistreuse sur iPad permet par exemple d’encaisser au milieu du rayon les jours d’affluence.
Promotions et affichage des prix : les règles à respecter
C’est la partie que les articles de marketing zappent. Et c’est celle qui peut te coûter le plus cher.
Les prix doivent être lisibles
Tout prix affiché en magasin doit l’être en euros, toutes taxes comprises, sans ambiguïté sur le produit concerné. Pour les produits préemballés, le client doit voir aussi le prix à l’unité de mesure (au kilo, au litre). Les manquements sont passibles d’une amende administrative.
Une réduction part du prix le plus bas des 30 derniers jours
Depuis le 28 mai 2022, quand tu annonces une réduction (« -20 % », prix barré), le prix de référence doit être le prix le plus bas que tu as pratiqué au cours des 30 jours précédant la promo. Gonfler le prix une semaine avant pour afficher une grosse remise, c’est terminé. La DGCCRF le vérifie surtout autour du Black Friday et des soldes, et c’est puni comme une pratique commerciale trompeuse.
💡 Le saviez-vous ? Si tu vends des produits de grande consommation fournis par des industriels, les promotions négociées avec tes fournisseurs sont plafonnées : 34 % du prix de vente pour l’alimentaire, 40 % pour les produits non alimentaires (droguerie, hygiène), et pas plus de 25 % du volume. Ce dispositif a été prolongé jusqu’au 15 avril 2028, selon les lignes directrices publiées par la DGCCRF.
| Type d’action | Ce qui est permis | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Prix barré, pourcentage de remise | Oui | Référence = prix le plus bas des 30 jours précédents |
| Cadeau offert pour un achat | Oui (vente avec prime) | Conditions annoncées clairement, pas de pratique déloyale |
| Soldes | Uniquement pendant les périodes officielles | Produits proposés à la vente depuis au moins un mois |
| Comparaison avec le prix d’un concurrent | Oui | Le client doit comprendre que c’est une comparaison et non une réduction |
Un plan d’action en 4 semaines pour un petit commerce

Pas besoin d’un budget d’enseigne nationale. Voilà un ordre de marche réaliste.
- Semaine 1 : mesurer. Relève ton panier moyen, ton nombre de tickets par jour et, si tu peux, le nombre d’entrées. C’est ta base de comparaison.
- Semaine 2 : réimplanter. Remonte tes meilleures marges à hauteur des yeux, rapproche les produits complémentaires, dégage l’entrée.
- Semaine 3 : afficher. Refais les étiquettes illisibles, ajoute deux ou trois PLV simples sur les produits que tu veux pousser, vérifie tes prix barrés.
- Semaine 4 : animer. Organise une animation un samedi et préviens tes clients fidèles par SMS ou mail.
- Ensuite : compare tes chiffres à ceux de la semaine 1. Garde ce qui a marché, abandonne le reste.
Bref, le marketing en point de vente n’a rien de magique. C’est une suite de petits réglages qu’on teste et qu’on mesure.
Et quand le client est sorti, le travail continue : un suivi client régulier le fera revenir bien plus sûrement qu’une nouvelle affiche. Commence par la semaine 1 dès lundi, avec un simple carnet à côté de la caisse.
Qu’est-ce que le marketing en point de vente ?
C’est l’ensemble des actions menées dans le magasin pour pousser à l’achat : vitrine, implantation des produits, PLV, promotions, animations et conseil. Il agit au moment où le client est devant le produit. On l’appelle aussi marketing sur le lieu de vente.
Quelle différence entre PLV et merchandising ?
Le merchandising, c’est l’organisation des produits dans le magasin : emplacement, hauteur, voisinage, quantité en rayon. La PLV regroupe les supports publicitaires posés sur place, comme les affiches, présentoirs ou stop-rayons. Les deux se complètent.
Comment calculer le prix barré d’une promotion ?
Le prix de référence doit être le prix le plus bas que tu as pratiqué dans les 30 jours avant la réduction. Tu appliques ton pourcentage à partir de ce prix. Une référence gonflée est sanctionnée comme une pratique commerciale trompeuse.
Comment mesurer l’efficacité d’une action en magasin ?
Compare avant et après sur trois chiffres : le panier moyen, le nombre d’articles par ticket et le taux de transformation. Laisse tourner l’action au moins deux à quatre semaines. Si rien ne bouge, change d’action.



