Créer une SAS, c’est quelques jours de démarches si tu es préparé. Et des années de galère si tu bâcles les statuts.
Les formalités elles-mêmes ont été simplifiées : tout passe désormais par un guichet unique en ligne, et la facture officielle reste modeste. Le vrai travail est ailleurs. Dans les statuts, justement, parce que la SAS te laisse écrire presque toutes les règles du jeu entre associés. C’est sa force, et c’est là que les ennuis commencent quand on copie un modèle trouvé sur internet sans le lire.
On déroule tout dans l’ordre, avec les vrais coûts 2026.
📋 En bref : Une SAS se crée avec au moins 2 associés (1 seul pour une SASU) et un capital libre, dès 1 €. Au moins la moitié des apports en argent doit être versée à la création, le reste sous 5 ans. Côté frais officiels, compte 33,83 € d’immatriculation, 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs et une annonce légale à 199 € HT en métropole (142 € HT pour une SASU) en 2026.
La SAS, pour qui et pourquoi ?

La SAS est une société commerciale où chaque associé ne répond des dettes qu’à hauteur de ce qu’il a apporté. Les associés peuvent être des personnes physiques ou des sociétés. Il faut au moins deux associés, et si tu es seul, tu crées une SASU, qui suit les mêmes règles.
Ce qui la rend si populaire tient en trois mots : liberté des statuts. Tu choisis comment se prennent les décisions, qui peut céder ses actions, à quelles conditions, qui dirige. Une SARL encadre beaucoup plus tout ça par la loi.
Ses autres points forts :
- le président est assimilé salarié et relève du régime général de la Sécurité sociale (sans assurance chômage)
- la société paie l’impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME qui remplissent les conditions, 25 % au-delà
- les actions se cèdent librement par défaut, avec un droit d’enregistrement de 0,1 % du prix
- les investisseurs connaissent bien la forme, ce qui aide si tu comptes lever des fonds
Mais attention au revers. Le régime assimilé salarié coûte cher en cotisations sur la rémunération du président. Du coup, la question « salaire ou dividendes » arrive très vite, et c’est un vrai calcul à faire avec un expert-comptable. Si tu hésites encore entre SAS et SARL, on a détaillé le statut juridique de la SAS dans un article à part.
Les étapes pour créer une SAS

1. Rédiger les statuts
Les statuts fixent le nom, l’objet social, le siège, la durée, le capital et sa répartition, et surtout le fonctionnement de la société. Ne les bâcle pas. Prends du temps sur trois sujets précis : les pouvoirs du président, la façon dont les associés votent, et les règles de cession des actions.
Tu peux prévoir des clauses d’agrément (les associés doivent accepter un nouvel entrant), de préemption (priorité de rachat), et même rendre les actions incessibles pendant 10 ans au maximum. Entre deux associés qui se connaissent bien aujourd’hui, ces clauses paraissent inutiles. Le jour où l’un veut partir, c’est la seule chose qui compte.
2. Désigner le président
Pas de SAS sans président. C’est lui qui la représente face aux banques, aux clients et à l’administration, et ce n’est pas forcément un associé : un tiers ou même une autre société peut occuper le poste. Les statuts peuvent aussi créer des directeurs généraux ou un comité de surveillance, mais rien ne t’y oblige.
Mon avis ? Au départ, reste simple. Un président, des pouvoirs clairement écrits, et la liste des décisions qu’il ne peut pas prendre seul (emprunt au-delà d’un certain montant, vente d’un actif, embauche d’un cadre). Ce garde-fou évite bien des disputes.
3. Déposer le capital
Le capital est libre, 1 € minimum. Mais franchement, un capital de 1 € fait mauvaise impression auprès d’une banque ou d’un fournisseur, et il ne couvre aucune dépense de départ. Vise un montant qui correspond à tes vrais besoins des premiers mois.
Pour les apports en argent, tu dois en verser au moins la moitié à la création, le reste dans les 5 ans. Le dépôt se fait dans une banque ou chez un notaire, qui te remet une attestation de dépôt des fonds. Profites-en pour ouvrir le compte bancaire professionnel de la société au même endroit. L’argent reste bloqué jusqu’à l’immatriculation, puis tu le débloques en présentant le justificatif.
Et si tu apportes un ordinateur, un véhicule ou un fonds de commerce ? C’est un apport en nature. Un commissaire aux apports doit en principe l’évaluer. Les associés peuvent s’en passer à l’unanimité si chaque apport en nature vaut 30 000 € au plus et que leur total ne dépasse pas la moitié du capital.
4. Publier l’annonce légale
La création doit être annoncée dans un journal d’annonces légales du département du siège. Les prix sont fixés par forfait. En 2026, une annonce de constitution coûte 199 € HT pour une SAS et 142 € HT pour une SASU en métropole. Si on te facture plus, pose la question. On explique la démarche pas à pas dans notre article sur la publication d’une annonce légale de création.
5. Immatriculer la société sur le guichet unique
Fini le formulaire M0 papier et le passage au CFE. Toutes les formalités de création se font maintenant en ligne sur le guichet des formalités des entreprises. Tu y déposes les statuts signés, l’attestation de dépôt des fonds, l’attestation de parution de l’annonce, les pièces d’identité, et la déclaration des bénéficiaires effectifs.
Puis, une fois le dossier validé, la société est immatriculée au registre du commerce et des sociétés. Tu reçois ton numéro SIREN, puis ton extrait Kbis.
Combien coûte la création d’une SAS ?

Côté frais obligatoires, hors honoraires, la facture est plus légère qu’on ne le croit. Les montants ci-dessous viennent des tarifs officiels en vigueur.
| Poste | SAS | SASU |
|---|---|---|
| Immatriculation (greffe) | 33,83 € | 33,83 € |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 19,33 € | 19,33 € |
| Annonce légale de constitution (métropole, 2026) | 199 € HT | 142 € HT |
| Commissaire aux apports | Seulement si apports en nature sans dispense | Idem |
| Rédaction des statuts | Gratuit si tu les écris, variable avec un pro | Idem |
Total minimum : un peu plus de 250 € pour une SAS. Pas de quoi te ruiner. Ce qui fait vraiment varier la facture, c’est l’accompagnement. Les services en ligne proposent des forfaits de création, et on a comparé deux d’entre eux, Indy et Legalstart. Un avocat ou un expert-comptable coûte plus cher, mais il lit ton pacte et tes statuts avec toi.
💡 Le saviez-vous ? Le président d’une SAS est assimilé salarié, mais il ne cotise pas à l’assurance chômage. Si la société ferme, son mandat de président ne lui ouvre aucun droit au chômage. Si tu viens du salariat, intègre-le dans ton calcul avant de signer.
Les erreurs classiques à la création
Certaines erreurs reviennent sans cesse. Elles ne coûtent rien sur le moment et beaucoup plus tard.
- Copier des statuts types sans les adapter. Un modèle gratuit ne connaît ni tes associés ni ton projet.
- Répartir le capital à 50/50 entre deux associés sans règle pour départager un désaccord. Personne ne peut alors trancher.
- Oublier de définir ce qui se passe si un associé quitte l’entreprise ou arrête de travailler dedans.
- Choisir un objet social trop étroit, qui t’oblige à modifier les statuts (et à repayer des formalités) dès que l’activité évolue.
Après la création : les obligations à ne pas rater

La société existe ? Le travail commence. Une SAS tient une comptabilité complète, établit des comptes annuels et les fait approuver chaque année par les associés. Les décisions importantes (approbation des comptes, modification des statuts) doivent être consignées.
Et si tu as des associés, pense au pacte d’associés. Il complète les statuts sur ce que tu ne veux pas rendre public : répartition des rôles, sortie d’un associé, non-concurrence. Les statuts sont déposés au greffe et consultables par tous, le pacte reste confidentiel.
Tu pars seul ? La SASU fonctionne sur le même modèle, avec des décisions plus simples puisque tu es l’unique associé.
Mon conseil pour finir : écris les statuts toi-même si tu veux comprendre ta société, mais fais-les relire. Une heure de relecture par un pro coûte moins cher qu’un associé que tu ne peux pas faire sortir.
Combien coûte la création d’une SAS en 2026 ?
Les frais obligatoires sont de 33,83 € pour l’immatriculation, 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs et 199 € HT pour l’annonce légale en métropole. Pour une SASU, l’annonce coûte 142 € HT. Ajoute les éventuels honoraires d’un professionnel ou d’un service en ligne.
Quel capital minimum pour une SAS ?
Le capital est libre, à partir de 1 €. Au moins la moitié des apports en argent doit être versée à la création, et le reste dans les 5 ans. Un capital trop faible peut quand même gêner face à une banque ou un fournisseur.
Peut-on créer une SAS seul ?
Oui, cela s’appelle une SASU, une SAS à associé unique. Elle suit les mêmes règles, avec un fonctionnement simplifié pour les décisions. L’annonce légale de constitution est un peu moins chère, 142 € HT en métropole en 2026.
Où faire les démarches de création d’une SAS ?
Toutes les formalités se font en ligne sur le guichet des formalités des entreprises, qui a remplacé les CFE. Tu y déposes les statuts, l’attestation de dépôt des fonds, l’attestation de parution de l’annonce légale et la déclaration des bénéficiaires effectifs.





1 commentaire sur « Créer une SAS : étapes, coûts et statuts »